Art : Barrydale, là où le Karoo devient toile blanche

Barrydale

Il existe des endroits qui font quelque chose aux artistes. Pas besoin de l’expliquer, ça se sent dès qu’on y arrive. Barrydale, petite ville sud-africaine nichée à la lisière du semi-désert du Karoo, est de ceux-là. Loin des métropoles bruyantes et des galeries d’art institutionnelles, cette bourgade tranquille est en train de devenir, discrètement mais sûrement, l’une des destinations artistiques les plus recherchées d’Afrique du Sud.

Sue Melville, copropriétaire du Karoo Art Hotel, a sa propre théorie sur ce qui attire les créateurs vers Barrydale. Pour elle, tout tient dans cette sensation d’espace infini que le Karoo offre à ceux qui savent regarder : l’eau, les montagnes, le vaste ciel qui s’étend à perte de vue. Un territoire que l’on pourrait comparer à une page vierge, ouverte à toutes les explorations, sans les contraintes et les bruits qui encombrent l’imaginaire dans les grandes villes. Une invitation permanente à créer.

Cathy Miller, professeure d’arts plastiques, a compris cette magie il y a cinq ans, lorsqu’elle a commencé à animer des ateliers dans la région. Depuis, elle y revient régulièrement avec des artistes venus de toute l’Afrique du Sud et bien au-delà, attirés par des séjours de trois jours où le pinceau, le geste et la trace redeviennent les seules préoccupations qui comptent vraiment. Ce qui la séduit dans Barrydale, c’est cet équilibre rare entre la petitesse apaisante d’une ville à taille humaine et la richesse suffisante d’une vie culturelle et gastronomique capable de nourrir l’esprit autant que le corps. Assez de stimulation intellectuelle pour l’artiste, assez de silence pour le créateur.

Amanda Schlee, artiste amateur venue du Cap pour participer à l’un de ces ateliers, met des mots simples sur ce que beaucoup ressentent sans parvenir à l’exprimer : Barrydale est une belle vieille ville, paisible et époustouflante, où même la pause déjeuner devient une promenade qui inspire. Pour quelqu’un qui cherche à apprendre et à se laisser surprendre, c’est exactement le cadre qu’il faut.

Rick Melville, qui co-dirige le Karoo Art Hotel aux côtés de son épouse et organise régulièrement des événements artistiques, observe un phénomène de plus en plus marqué : les artistes ne viennent plus seulement visiter Barrydale. Certains finissent par s’y installer, séduits par un art de vivre que les grandes villes ne peuvent plus leur offrir. La page vierge du Karoo, décidément, ne laisse personne indifférent.

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