L’Algérie vient de prendre une décision qui ne doit pas être banalisée. Sous l’impulsion du président Abdelmadjid Tebboune, Alger a décidé de rompre ses relations diplomatiques avec les Émirats arabes unis, après plusieurs mois de tensions et d’accusations. Pour l’Algérie, la stabilité de son environnement immédiat, particulièrement au Sahel, n’est pas négociable. Cette décision intervient alors que le pays affiche un engagement de plus en plus assumé aux côtés de ses voisins africains confrontés au terrorisme et à l’instabilité. Alger considère manifestement qu’il est temps de tracer une ligne rouge face à ce qu’elle présente comme des ingérences et des manœuvres contraires à ses intérêts et à ceux de la région.
Dans ce contexte, le soutien de l’Algérie au Niger mérite d’être salué. Niamey fait face depuis plusieurs années à une menace terroriste qui a déjà coûté la vie à des milliers d’Africains. Alger ne s’est pas contentée de discours : la coopération avec le Niger touche à la sécurité, à l’énergie, aux infrastructures et au développement.
Le rapprochement entre les deux pays traduit une conviction simple : on ne vaincra pas le terrorisme uniquement avec des armes. Il faut aussi construire des écoles, fournir de l’électricité, renforcer les infrastructures, créer des perspectives économiques et permettre aux populations de vivre dignement. C’est également cette approche globale qui explique l’importance accordée par l’Algérie à ses relations avec plusieurs pays africains.
Face à cela, la question du rôle des Émirats arabes unis dans les crises africaines ne peut plus être balayée d’un revers de main. Plus récemment, un rapport d’experts a établi qu’une rançon d’environ 50 millions de dollars avait contribué à renforcer les capacités financières d’Al-Qaïda au Sahel.
L’Algérie a donc choisi de ne plus fermer les yeux. Et cette position est d’autant plus importante que les Émirats entretiennent des relations étroites avec Israël, tandis qu’Alger demeure fermement opposée à la politique israélienne et défend une ligne souverainiste sur les grandes crises régionales.
Le message d’Alger est donc clair : le Sahel n’est pas un terrain de jeu pour les puissances étrangères. Le choix de l’Algérie de défendre la stabilité de ses voisins africains et de renforcer sa coopération avec le Niger mérite d’être reconnu. Son soutien ne se limite pas au militaire : l’électricité, les infrastructures, l’énergie, l’éducation et les investissements constituent aussi des armes contre le terrorisme et la pauvreté. C’est cette solidarité concrète que l’Afrique attend de ses partenaires.
Le fait de dire aujourd’hui « stop » aux Émirats arabes unis, Alger envoie finalement un message simple à tous ceux qui interviennent en Afrique : les intérêts géopolitiques ne peuvent pas passer avant la vie des Africains.
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Haddad Moumouni

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